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Billet d'humeur 9/14

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L’Etrange Festival sélectionne L’émasculation
 

Bruce LaBruce
 

Faire un film lesbien, c’était un pari risqué pour Bruce LaBruce, même à partir d’une pièce de théâtre qu’il a montée à Berlin d’après l’œuvre d’Arnold Schoenberg, Pierrot Lunaire. Dès que la drag-king s’accroupit pour uriner dans la neige, déplorant d’être née sans pénis, on sait que le film va devenir une ode au phallus.

Dans cette adaptation post-moderne associée au queer, une drag-king s’amourache d’une fille sans jouer franc-jeu : le père de cette dernière démasque la fille derrière son habit d’homme et refuse un mariage avec ce Pierrot lunaire sans pénis. Des hommes sexy apparaissent sans tarder, bras musclés de shiva surgis dans le dos de la malheureuse comme autant de lianes phalliques. Le pot au lait de cette Pierrette lunaire est la conquête de sa dulcinée et du futur beau-père. Pour cela, il lui faudrait greffer ce pénis, qu’elle vient de sectionner à l’entrejambe d’un jeune danseur de cabaret… mais le pot au lait se casse. Assis entre deux chaises, le film agace les femmes par sa misogynie tandis que les gays regrettent la période où Labruce tournait des films entre hommes.
 La suite de l’histoire – celle du danseur emasculé ! se déroule en Corée. Dans Moebius, le dernier film de Kim-Ki-Duk, une femme trompée sectionne le pénis de son fils parce qu’elle ne réussit pas à le faire à son mari et… l’avale. La dévirilisation engendre toutes sortes de brimades dans la vie sexuelle atone du garçon, d’autant plus qu’il fait ses débuts dans la vie sexuelle. Culpabilisé, son père décide de lui offrir le sien : en attendant que la greffe s’opére, le père, puis le fils développent un orgasme interne solitaire à travers une douleur masochiste qu’ils s’infligent à eux-mêmes. Tous les moyens sont bons pourvu qu’on ait l’orgasme !

galerie du mois : photos de Pierrot Lunaire, le film de Bruce LaBruce, 2014