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Rituel  à Tolède

 

Jorge Amat : rituels nocturnes
 

 

Face à l’hôtel, l’église de la reine catholique « Santa Isabel » m’attire comme un temple magique.

L’intérieur est beau à se damner. Épuré, spirituel, sacré. Derrière une grille de fer forgé sur le côté de l’autel fleuri de lys, j’aperçois le voile noir d’une nonne et les jambes d’ébène ou de marbre d’un Christ allongé. Vingt personnes attendent à mes côtés sur des bancs. J’occupe le dernier rang, celui des non-croyants.

Un curé en robe blanche surgit d’un rideau pourpre, marche sur l’autel, et s’empare de l’ostensoir en or qui renferme le corps blanc du Christ, une hostie, qu’au lieu de manger il range dans une coquille d’inox, avant de l’enfermer dans le luxueux tabernacle d’or qu’il ferme à clé. Le corps du Christ est en lieu sûr.

Le lendemain soir à 18h50, je reviens voir le mystère de l’Eucharistie : Je veux revoir le rituel, l’ostensoir d’or, respirer les fumées de myrte, une dernière extase avant de reprendre la route. C’est magnifique.

Repue de sacré, je prends à pied le chemin du garage, et je vois un panneau qui annonce devant une autre église :

ICI ON CÉLÈBRE L’EUCHARISTIE 7/7

Je comprends soudain l’argument touristique de Tolède. Prague a ses concerts, Séville son flamenco, Lisbonne son fado. Mais aucune ville ne fournit un rituel aussi addictif que Tolède.