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Billet d'humeur 11/13

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En quoi le SM est-il une forme de féminisme transgressif ? par Gala Fur
 

photos G.Musy, M.Bourguet, T.Waltzing
 

Notre désir sombre est frustré par le tabou, qui le déplace à travers des rites vers… la transgression. Le SM est une sexualité transgressive, qui génère et désintègre les arrangements de pouvoir, sociaux et individuels, les reconstituant tout en les subvertissant, intensifiant le moment vécu en rendant les catégories confuses, défiant la pensée. La transgression est la bouée de sauvetage qui laisse sortir les énergies réprimées par le système des tabous et des traditions, dont la fameuse autorité patriarcale sous laquelle nous vivons encore. Ces forces obscures sont à la fois exprimées et contenues (frustrées) dans la pratique SM. La perversion permet de  se jouer des hiérarchies et d’échapper aux normes… à condition de ne pas y retomber en se laissant asservir, comme Wanda chez Sacher Masoch, par la pulsion des dominés.

En dépit du terme inapproprié de sadomasochisme, dominé et dominant sont un seul sujet masochiste à deux têtes qui imagine, crée, extériorise, intériorise, reconstruit, projette et incarne son masochisme et ses fantasmes, peu importe de quel côté du manche on se trouve. A l’image de l’amour fusionnel, il n’y a pas à proprement parler d’objet dans la relation SM : ceux qui considèrent leur partenaire comme un objet sont dans le registre du sadisme ou du pousse-à-jouir.

Subvertir les bites et les vagins se passe souvent aux dépens de quelqu’un :la personne qui domine, manipulée par la personne dominée. L’homme ou la femme soumis/e tend à figer la domina dans des poses, des actes téléguidés par ses pulsions. Différentes tactiques permet à la Wanda contemporaine d’échapper à son téléguidage.

  1. Eviter d’obéir : ne frapper que lorsque l’envie se manifeste.
  2. Refuser l’alliance, le contrat qui mène à n’avoir du plaisir que par empathie.
  3. Rentrer au contraire à pieds joints dans le rôle attendu, au point d’avoir un véritable orgasme par empathie.
  4. Devenir sadique, ne partageant ni le plaisir ni le raisonnement avec le ( ou la) partenaire.
  5. Exiger de la personne dominée des actes sexuels visant à votre seul plaisir.
  6. Avoir des rapports switch grâce à une alternance spontanée, un renversement de pouvoir : le roi devient l’esclave, puis… la reine, le lapin devient le loup, etc.

Cette dernière formule a ma préférence. Lorsque le pouvoir change de main, que les rôles s’inversent dans la foulée de l’action, l’art du pouvoir devient un jeu ying-yang, une fluctuation des hiérarchies à travers un dédoublement évolutif.

billet de Marie de l'Erosticratie

billet de AJ Dirtystein