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Billet d'humeur04/10

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Le tatouage,

expression d’un trésor personnel

 

 

Entretien avec Philippine Schaefer

Qui choisit les motifs, toi ou la personne qui va se faire tatouer ?
Philippine : j’aime que le tatoué fasse un bout du chemin. Après, quand il vient pour un premier rendez-vous avec ses documents, et parfois ses propres croquis même s’ils sont peu aboutis, c’est un peu comme une chimère : on prend une patte d’oiseau là, des plumes du Caravage, un motif de gravure ancienne. Il doit chercher dans son bagage personnel pour trouver quelque chose qui vient de l’intime, car le tatouage doit exprimer un trésor personnel qu’on véhicule : c’est un langage graphique, qui exprime des choses qui fourmillent en nous.

Quel est le moment le plus magique ?
Philippine : La première rencontre physique, après nos échanges sur le Net. C’est alors que tout se connecte, s’imbrique, se met en place. Le dessin que je fais au feutre sur le corps de la personne à ce moment-là, ce sont  les fragments graphiques que la personne a choisis, puis c’est la réalité du corps qui va rectifier et ajuster les désirs et les fantasmes. La peau me chuchote des choses et guide ma main. Je relève ensuite sur papier le motif que je viens de dessiner sur la peau. Comme dans la confection, il devient un patron, sur lequel je continue à travailler.


Au stade du tatouage proprement dit, n’y a-t-il pas une intimité qui se crée ?

Philippine : Bien sûr, nous avons une relation intime pendant la séance. Il y a souvent de la séduction et du désir puisque la personne tatouée arrive avec une peau spécialement préparée, gommée, nettoyée en vue de ce moment-là, et de mon côté, j’ai médité, fait le ménage dedans et dehors pour lui offrir la meilleure disponibilité de moi-même.