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Billet d'humeur07/12

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Les tontons ficelle
 

photos Steven Speliotis
 

Le rêve de tout homme est-il d’emprisonner le mystère féminin ? Fetish in Paris, Cris et Chuchotements, Nuits Elastiques, une soirée fétiche ne se passe plus d’un maître ès bondage. Jusqu’au festival de la littérature érotique, en juin dernier à Evian, qui accueillait la performance d’un de ces nombreux tontons ficelles formés sur le tas dans les années 2000, qui ligotait sur la scène une jeune volontaire en soutien-gorge noirs et minijupe.
Dans les années 90, des garçons soumis proposaient de soulager les pieds des filles meurtris par des talons trop hauts et de détendre le corps des maîtresses épuisées : c’était bon enfant, relaxant, on faisait connaissance. Au cours des soirées fétichistes de Paris ou Bruxelles l’exhibition de la possession momentanée d’une femme symbolique le temps d’un bondage a supplanté le doux échange du massage pendant que les fêtes de Cannes rivalisent de « lâchers de bimbos », reflet de l’époque dans laquelle nous vivons : corps de femmes à disposition. Les rapports avec le beau sexe se sont durcis. Vague imitation du shibari, le bondage ravit le bricoleur amateur et la graine de marin qui se régalent à parfaire leurs nœuds sur la chair de sujets dociles et interchangeables.
Dans une fosse creusée au milieu du public, le shibari dure une heure ou deux dans un cabaret tokyolite du quartier nocturne de Roppongi. Durant le rituel, un assistant passe l’une après l’autre les cordes douces et huileuses, d’un geste précis, réglé. Le public admire longuement la figure suspendue. Après on voit à peine a marque des cordes sur la peau de la fille.

D’après une habituée qui se plaint d’un tonton ficelle : «  les cordes passent souvent aux mauvais endroits et scient la peau, impossible de tenir plus de 10 minutes ». Heureusement, nos performeurs sont pressés et libèrent la fille sitôt le bondage terminé.