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Le retour du Père-la-pudeur

 

Aurélie Dubois

 


L’artiste elle-même se dédouble et investit plusieurs genres sur une même photographie : son double - qui lui ressemble comme une sœur jumelle – est dotée d’un pénis et glisse une main dans la culotte d’Aurélie.  Une Sainte Vierge, dont le bas du corps devient un tronc d’arbre,  un de ces arbres creux qu’on voit dans la forêt, invite à pénétrer son trou bien placé.
La liberté sexuelle en question est le propre des jeunes filles pré-pubères… jusqu’à ce que l’éducation leur inculque les tabous propres aux bonnes vieilles valeurs patriarcales : le sexe de la femme, c’est le monde d’en bas, représenter l’urine ou le trou du cul appartient au registre de la perversité et de la pornographie, aux yeux de deux hommes amateurs d’art, notamment, deux beaux mecs que je croise souvent dans les galeries et que j’interroge : « aimez-vous le travail d’Aurélie Dubois ? »
« Je veux voir la beauté intérieure, la beauté de l’âme ! » répond l’un.
L’autre éructe : « Tout cela appartient au monde d’en bas et doit y rester, ce n’est pas digne d’être montré ! »

En mars à Paris, le salon du dessin n’affichait pas un seul bout de chair hormis un dessin de Topor des années 1970. L’époque est au puritanisme. Le Père-la-Pudeur est de retour. Après la fin des années 1920 qui ont vu les femmes des élites danser nues, il a fallu attendre la libération sexuelle des sixities pour revoir la chair. Faudra-t-il attendre 40 ans avant que la création érotique ait à nouveau sa place, dans l’art, les musées, la vie ?

Aurélie Dubois, artiste de garde. Sa dernière exposition s’est tenue à la Galerie 24 Beaubourg, du 16 au 26 mars 2017. www.aurelie-dubois.com. Petite galerie du mois : série de dessin aux feutres pigmentés.