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LES CORDES OU LE FOUET ?
 

Aloysse et Swan au stage de Ranki Kazami
 

Un bondage sur la moquette d’un studio de Radio-France, une première à France-Culture, L’émission L’Atelier intérieur fait atelier de cordes la nuit du 7 avril. Le micro près du sol, la productrice, Aurélie, capte les sons. Crissements. Chute des cordes de chanvre. L’encordeuse, Aloysse, a allongé son modèle sur la moquette. Swan, son modèle, est immobilisé, un pied tendu à l’arrière, l’autre contre la cuisse. Aloysse a attaché toute la journée sous les directives de Maître Ranki Kazami lors d’un stage organisé par Nicolas Yoroï. Sa décontraction, son rayonnement sont les stigmates de son bonheur.
Place des cordes, les couples encordeurs/encordés sont à touche-touche dans une grande salle réservée chaque dimanche à 5 euros l’entrée. La corde est une pratique démocratique. Le lâcher-prise est à la portée de ceux qui le désirent. Le corps s'installe dans les cordes, l'esprit s'évade, dit Aloysse. Il faut être deux, chercher le contact, le dialogue. Les  solitaires font du yoga chacun pour soi.

Pour apprendre, il faut trouver un modèle volontaire. Le sujet - une femme souvent, parce qu’elle est plus légère, doit s’abandonner comme un nouveau-né. Le lâcher-prise arrive pendant la figure, c’est une bénédiction, un soulagement existentiel, un sourire.
Le lâcher-prise dans les pratiques SM est plus complexe. Recevoir le fouet suppose une bonne dose de masochisme. On n’est pas dans la « soumission » quoi qu’on en dise : c’est le ou la dominé(e) qui veut être fouetté(e). Au-delà d’une excitation de part et d’autre dans une partie de fouetti-fouetta ludique, le fouet implique une harmonie totale, presque sacrée. Quand  je fouette un type qui me le demande à une soirée, je n’en ai pas le moindre bénéfice. C’est lui, le maso, qui en demande. Pour en donner, il faut de l’amour, un élan, de l’empathie. La plupart des dominants ont une pulsion sadique. Les faux semblants, les attentes du maso, sa malice à trouver les failles de l’autre pour récolter une gifle faussent la donne.Le dominant se déteste d’avoir cédé, des excès auxquels l’autre l’a poussé. Pour qui donne le fouet, l’extase est une grâce rarissime. Avec les cordes, l’harmonie, le bonheur partagé vient petit à petit au cours de ce dialogue

La galerie du mois : Aloysse et son modèle Swan, au stage de maître Ranki Kazami, en avril 2014. photos Aloysse et Laetitia Da Beca.