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Billet d'humeur04/12

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Soirée fourrée
 

 

La fourrure, c’est mouvant, enrobant, soyeux, caressant et vivant. Le jeu de piste à travers la Seine et Marne me menait vers elle. Invisible depuis la route, une maison bourgeoise de trois étages illuminée de chandeliers, tapie derrière une ferme. L'escalier donnait sur un salon habité de renards blancs et d’autres, argentés, pour homme, de chinchillas et de zibelines russes, pour femme ou pour homme, étalés, posés, sur un rutilant piano à queue et sur le parquet ciré. Lectures croisées de textes Je compris tout àcoup en écoutant les uns et les autres que la fourrure est un fétiche aussi difficile à vivre qu’un autre. Culpabilisant. Un homme doit s’avouer qu’il aime ce contact. L’avouer aux autres est la seconde démarche. La troisième, c’est de sortir du placard. La dernière, la plus jouissive, c’est la convivialité : la fourrure partagée, prêtée, portée avec les autres.
Le dîner autour d’une longue table se déroule dans une grande salle à manger non chauffée à la lueur des chandeliers. Nous sommes vingt ou trente, en manteaux de fourrure. Nous changeons de peaux entre les plats. Attention, respect : pas de manches trop longues dans la sauce du gibier. Fur Rider nous sert une glace au marron, vêtu d’un loup d’Alaska. La nuit précédente, tout le monde avait osé porter la fourrure dehors, sur des tracteurs.
Je me suis roulée dans la fourrure, comme les autres, ces généreux prêteurs de trésors cachés. Je me suis pavanée, regardée dans les miroirs, comme les autres. Nous sommes tous des fétichistes de quelque chose : jouissons-en tant que faire se peut.