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Billet d'humeur04/10

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Les mystères de la féminité
 

Odilon Redon
 

" Dans la chambre, il faisait frais. Le climatiseur ronronnait. Ma jeune amie dormait, nue, hors des draps, tournée vers le mur. Elle était longue et mince. Son dos était bronzé. Ses fesses étaient blanches. Chez certaines femmes, le sexe se tapit loin dans le sillon des fesses, on ne peut pas l'atteindre sans les réveiller, chez elle il était là, visible, à fleur de raie. Je me déshabillai silencieusement, m'allongeai contre elle, bandai aussitôt, et la pénétrai d'un coup jusqu'au fond. Sans se réveiller, elle poussa un grognement de satisfaction et, tendant par réflexe le cul en arrière, elle appuya fortement ses fesses fraîches contre mon ventre. le trou, en elle, était profond, serré, humide, brûlant. Je restai immobile, tendu, savourant l'étau, ne pouvant m'empêcher de penser que le temps passait, irrémédiable, que tout, dans peu de jours, serait fini. Des larmes coulèrent de mes yeux. j'aurais voulu être non pas un homme mais un arbre, un arbre puissant dont les jeunes racines se seraient enfoncées dans la terre pour cent ans, pour mille ans, pour l'éternité. "

Pierre Bourgeade, L'argent, ed.Gallimard, 1998

 

Galerie du mois : le monde onirique de Odilon Redon (1840-1916). L'exposition qui se tient en ce moment au Grand Palais fait regretter celle qu'organisa Régis Michel au musée du Louvre en 2001, qui associait l'artiste à Klein, Goya, Magritte, etc., une réflexion sur la part maudite de la modernité, intitulée "La peinture comme crime".